✎ Chronique : La seconde vie de Rachel Baker

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Auteur : Lucie Brémeault

Année: 2018

Edition: Editions Librinova

Pages:  205 pages

Genre: Contemporain / Drame

Fiche Amazon


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Rachel Baker est serveuse dans un diner perdu au fin fond de l’Alabama. Un soir parmi tant d’autres, trois hommes armés font irruption dans le restaurant et assassinent tous les clients devant ses yeux, la laissant seule au milieu du carnage. Traumatisée, Rachel ne sera plus jamais la même.

Ses choix l’amèneront à croiser le chemin de Follers, un flic bourru à la sensibilité cachée, mais aussi celui de tant d’autres personnes qui marqueront sa vie à tout jamais.

Et si rien n’arrivait par hasard ? Et si la vie en avait décidé autrement pour Rachel Baker ?

D’un comptoir de restaurant à une prison pour femmes, « La seconde vie de Rachel Baker » est une histoire sur la reconstruction et notre rapport à l’autre.


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Je tiens à remercier les éditions Librinova de m’avoir permis de découvrir ce livre  🙂

Il y a quelques semaines, j’ai été contactée par la maison d’auto-édition Librinova pour me proposer de découvrir un de leur roman : La seconde vie de Rachel Baker de Lucie Brémeault. Le résumé m’a convaincue et autant dire que je ne regrette absolument pas d’avoir accepté puisque j’ai frôlé le coup de cœur !

Le premier chapitre de ce roman nous met clairement dans l’ambiance. Rachel raconte le carnage auquel elle a assisté. Serveuse dans un diner, elle a vu trois hommes entrer sur son lieu de travail et tuer devant ses yeux toutes les personnes présentes. Elle a été épargnée, sans qu’elle en connaisse la raison.  A partir de cet instant, sa vie ne sera plus du tout la même. Commence alors pour elle une phase de reconstruction, assez difficile quand cet événement a fait la une et que son visage est passé dans tous les médias.

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur a traité les sentiments de sa protagoniste. Rachel est à la fois forte et faible, courageuse, inconsciente, tenace… Elle passe par différentes épreuves sans pour autant faire tomber le lecteur dans le pathos. Son histoire est touchante parce qu’on se rend compte qu’elle pourrait être la nôtre, tout simplement. Je me suis attachée à elle même si je n’ai pas adhéré à tous ces choix. J’ai également beaucoup aimé les personnages secondaires, tels que Maria ou encore Anita. On les découvre dans un univers particulier puisqu’il s’agit du milieu carcéral.  Leurs histoires personnelles sont très dures et m’ont beaucoup touchée. Ce que j’ai ressenti en lisant ce livre est assez étrange. J’avais l’impression de vivre l’histoire de Rachel, de ressentir ses émotions ainsi que celles des autres protagonistes. Ça m’arrive assez rarement. Lucie Brémeault a vraiment su trouver les mots justes pour rendre son récit réaliste. Elle a justement dosé le déroulement des événements dans le temps ainsi que l’évolution des sentiments.

Pourquoi ce livre n’est donc pas un coup de cœur (même s’il l’a frôlé) ? Et bien tout simplement parce qu’on retrouve de la romance. Assez peu, c’est vrai, puisque ce n’est pas le principal dans ce roman, mais je n’y ai pas adhéré plus que ça (la romance et moi ça fait deux 😉 ).

En tout cas, je ressors de cette lecture conquise. De nombreux thèmes sont abordés comme le port d’arme, la résilience, le handicap, l’amitié, le milieu carcéral, etc… Ce livre est une petite pépite que tout le monde devrait lire !

En bonus, chose que je n’ai jamais faite auparavant, je vous mets un extrait que je trouve tellement réaliste et bien écrit :

« Tout ça finirait en gros titres de tous les journaux de la région et du pays le lendemain matin. Les gens auront peur. Les médias leur vendront de l’insécurité ; les armuriers des petits calibres. Les hommages s’enchaîneront comme un petit manège savamment orchestré par l’État et la bien-pensance collective pendant que les gamins se feront taper sur les doigts quand ils auront touché au fusil de papa. On pleurera des inconnus pendant qu’on laissera ses proches accumuler des balles dans le tiroir de leur table de chevet. On condamnera ces actes en prétextant tirer des leçons jusqu’à la prochaine tuerie dans une école ou une boîte pour homos. Et les victimes s’accumuleront. Les traumatisés d’une guerre déguisée en simples faits divers arpenteront les canapés des psys et les magasins de vidéosurveillance. Les gosses grandiront au milieu d’exercices anti-attentat provoqués par un camarade de classe bourré aux médicaments et aux insultes. Les banques alpagueront de nouveaux clients avec en cadeau pour l’ouverture d’un compte : un grille-pain ou un Beretta 9mm. Les lobbys pro-armes déculpabiliseront les consommateurs en volant les étoiles du drapeau pour les mettre dans leurs yeux angoissés. « Les armes sauveront vos enfants des armes de votre voisin. » Jusqu’au jour où, en entrant dans une armurerie de campagne, vous tiendrez poliment la porte à celui qui mettra l’école de vos enfants dans la même liste funeste que celle de Columbine ».

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